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Avant que j’oublie… sur les Ulliac de Gourin-City (Alberta)

Émigration bretonne : comment les familles Duigou, Ulliac, Cospérec et Le Rouzic ont fondé Gourin City en Alberta

5–7 minutes

Sur cette vidéo, Lucien Duigou nous raconte le parcours des familles Ulliac – Le Rouzic – Duigou – Cospérec en 1914.

En 1914, Joseph et Marie-Louise Ulliac quittèrent Gourin, en Bretagne, pour rejoindre le Canada et le port de St John au Nouveau-Brunswick (17 jours de bateau). Ils étaient accompagnés de leurs 2 filles mariées, Marie Duigou, Mélanie Cospérec… Il y avait également leurs 4 fils, Jean, François, Jean-Marie et Louis, ainsi que leurs 5 petits enfants Joseph et Marie Duigou, Nicolas et Anne-Marie Cospérec…

Ils prirent le train jusqu’à Montréal où les attendait leur fille Louise, mariée à Le Rouzic (qui étaient partis en 1913).

Puis, tout ce beau monde s’installa dans le nord-ouest de l’Alberta, dans un lieu qu’ils baptisèrent également Gourin.

Lucien Duigou, nous raconte leur voyage pour l’Alberta…

L’histoire de l’émigration bretonne vers le Canada regorge d’aventures humaines extraordinaires. Parmi elles figure celle des familles Ulliac, Duigou, Cospérec et Le Rouzic. En 1914, ces pionniers quittent Gourin pour bâtir une nouvelle vie dans l’Ouest canadien. Plus d’un siècle plus tard, leurs descendants entretiennent toujours le souvenir de cette épopée.

Un départ vers l’inconnu

Au début du XXe siècle, la vie reste difficile dans les campagnes bretonnes. Les terres sont souvent trop petites pour nourrir des familles nombreuses. Beaucoup rêvent alors d’un avenir meilleur.

En 1914, Joseph et Marie-Louise Ulliac prennent une décision courageuse. Ils quittent Gourin avec leurs enfants, leurs gendres, leurs belles-filles et plusieurs petits-enfants. Les familles Duigou, Cospérec et Le Rouzic participent également à cette aventure.

Lucien Duigou a conservé le récit de ce voyage transmis par sa famille. Son témoignage permet de comprendre les difficultés rencontrées par ces pionniers bretons.

Une traversée de l’Atlantique

Les familles embarquent pour le Canada avec quelques biens personnels et beaucoup d’espoir.

Après plusieurs jours de traversée, elles arrivent à Montréal. Elles y séjournent brièvement chez des proches déjà installés au Canada.

Cette première étape leur permet de reprendre des forces avant de poursuivre leur voyage vers l’Ouest.

Un long voyage en train

Le périple est loin d’être terminé.

Les émigrants montent dans un train qui traverse l’immensité canadienne. Le voyage dure entre cinq et six jours.

Pour ces Bretons venus des Montagnes Noires, les paysages paraissent sans fin. Ils découvrent les vastes plaines canadiennes, les forêts et les territoires encore peu peuplés.

Chaque kilomètre les éloigne un peu plus de leur Bretagne natale.

Une rencontre qui change tout

À leur arrivée dans l’Ouest canadien, les familles font une rencontre décisive.

Lucien Duigou raconte qu’elles croisent Eugène Raoul, un Breton déjà installé dans la région.

La surprise est immense.

Eugène Raoul s’adresse à eux directement en breton. Entendre leur langue maternelle à plusieurs milliers de kilomètres de Gourin les rassure immédiatement.

Le compatriote leur conseille alors une région prometteuse : les environs du Lac La Biche, en Alberta.

Le choix du Lac La Biche

Ce conseil va orienter l’avenir de plusieurs générations.

La région du Lac La Biche offre de nombreuses possibilités aux nouveaux arrivants. Les terres sont disponibles et les familles peuvent obtenir des concessions agricoles proches les unes des autres.

Cette proximité représente un avantage essentiel.

Les pionniers peuvent s’entraider pour construire leurs maisons, défricher les terres et surmonter les difficultés des premiers hivers.

Cette solidarité bretonne joue un rôle majeur dans leur réussite.

La foi au cœur du projet

Avant de rejoindre leurs futures terres, les familles participent à une messe.

Ce moment marque une étape importante de leur installation.

La religion occupe alors une place centrale dans la vie quotidienne des émigrants bretons. Elle apporte réconfort et confiance dans cette nouvelle aventure.

Les missionnaires francophones présents dans la région accompagnent également les nouveaux arrivants.

Les derniers kilomètres vers leur nouvelle vie

Après leur passage dans la communauté locale, les familles doivent encore rejoindre leurs concessions.

Elles achètent des chevaux, des chariots et le matériel nécessaire à leur installation.

Les routes sont rares. Les pistes sont parfois difficiles.

Les pionniers parcourent les derniers kilomètres par leurs propres moyens.

Ils arrivent enfin sur des terres couvertes de forêts qu’il faudra défricher.

Tout reste à construire.

La naissance de Gourin City

Les familles Ulliac, Duigou, Cospérec et Le Rouzic participent alors à la création d’une nouvelle communauté.

Par attachement à leur terre natale, elles choisissent de donner à leur établissement le nom de Gourin.

Ainsi naît Gourin City, en Alberta.

Ce nom symbolise le lien indéfectible entre la Bretagne et le Canada.

Les premiers colons construisent leurs fermes, cultivent leurs terres et développent progressivement leur communauté.

D’autres Bretons les rejoignent ensuite.

maison Ulliac 1915

Un héritage toujours vivant

Plus de cent ans après leur arrivée, l’histoire de ces Canada pionniers continue d’inspirer leurs descendants.

Le nom de Gourin City rappelle encore aujourd’hui l’origine bretonne des premiers habitants.

Les échanges entre la Bretagne et l’Alberta se poursuivent grâce au travail de mémoire mené par Bretagne TransAmerica.

Les visites de descendants canadiens à Gourin et les déplacements de délégations bretonnes en Alberta renforcent ces liens historiques.

Une page importante de l’émigration bretonne

L’histoire racontée par Lucien Duigou illustre parfaitement l’esprit des pionniers bretons.

Ces familles ont quitté leur pays avec courage. Elles ont traversé l’océan, parcouru le Canada et bâti une nouvelle communauté au cœur de l’Alberta.

Grâce à leur détermination, Gourin Alberta est devenu un symbole fort de l’émigration bretonne vers le Canada.

Aujourd’hui encore, leurs descendants perpétuent la mémoire de cette aventure exceptionnelle qui unit deux territoires séparés par plus de 7 000 kilomètres, mais toujours reliés par une même histoire.

Visite d’une partie de la famille Ulliac le 3 juin 2026

Le magazine « Avant que j’oublie… » est publié en français dans la province d’Alberta au Canada et a réalisé un numéro spécial sur la famille Ulliac partie de Gourin (France) et fondateur du bureau postal de Gourin-City en Alberta.

Grande époque des Oblats (religieux évangélistes des métis au 19e siècle puis entrepreneurs de la région), les Bretons ont rencontré des missionnaires bretons et bénéficié de l’aide et de la fraternité des catholiques français pour s’établir à Plamondon, région du Lac La Biche.

A télécharger ici (en pdf 12.1 Mo)

Carte géographique de la région


De gauche à droite : Sylvère Ulliac (qui n’a aucun lien de parenté avec la famille Ulliac qui a fondé Gourin-City), Christiane Jamet, Nicole Royer et Colin Royer, fils de Marie-Rose Ulliac, petit-fils de Louis Ulliac et arrière-petit-fils de Joseph Ulliac.
© Le Télégramme –

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5 commentaires sur “Avant que j’oublie… sur les Ulliac de Gourin-City (Alberta)”

    1. Oui…
      Il y a un lien …
      Ma grand mère maternelle était une Ulliac,de Langonned, près de Gourin..
      Et je crois savoir que j ai une lointaine parenté avec les Ulliac du Canada…
      Cordialement
      Kenavo
      Erick Donars

  1. Retour de ping : Visite des descendants Ulliac de Gourin Alberta

Les commentaires sont fermés.