La fondation de Saint-Brieux en Saskatchewan
En 1904, Denys Bergot fait partie d’un groupe de pionniers bretons qui quittent leur terre natale pour tenter leur chance dans l’Ouest canadien. Son récit, publié en 1929 sous le titre Réminiscences d’un pionnier, constitue aujourd’hui l’un des témoignages les plus précieux sur la fondation de Saint-Brieux, en Saskatchewan. (Érudit)
Le départ vers l’inconnu

À l’hiver 1903-1904, l’abbé Paul Le Floc’h revient en Bretagne afin de recruter des familles prêtes à s’installer au Canada. L’objectif est clair : coloniser les vastes terres encore peu peuplées de la Saskatchewan.

Image de couverture générée par AI: départ des colons depuis Saint-Malo selon le livre de Denys Bergot
Séduits par la promesse d’obtenir des terres agricoles à faible coût, plusieurs dizaines de Bretons décident de tenter l’aventure. Parmi eux se trouve Denys Bergot.

Navire Le Malou à Saint-Malo.


Le groupe embarque à Saint-Malo à bord du navire Malou. Après une longue traversée de l’Atlantique, les voyageurs débarquent au Canada avant d’entreprendre un périple en train vers l’Ouest.

Ils traversent des milliers de kilomètres de paysages inconnus, découvrant progressivement l’immensité du continent nord-américain. (Wikipédia)
L’arrivée à Prince Albert
Le voyage ne s’arrête pas avec le train.

À Prince Albert, qui constitue alors l’un des derniers centres de peuplement importants de la région, les colons doivent poursuivre leur route par des moyens beaucoup plus rudimentaires. Ils chargent leurs effets personnels sur des chariots et prennent la direction du sud-est.
Le convoi progresse lentement sur des pistes parfois à peine tracées. Les nuits se passent sous la tente ou à la belle étoile. Les conditions sont difficiles, mais l’espoir de bâtir une nouvelle vie donne du courage à chacun. (musee.histoiresk.ca)

La découverte de la prairie
Après avoir franchi la rivière Saskatchewan Sud grâce à un bac, les Bretons poursuivent leur marche vers Birch Hills puis vers Flett’s Spring.
Certains imaginent alors trouver un village semblable à ceux qu’ils ont connus en Bretagne. La réalité est toute autre.
Denys Bergot raconte leur surprise en découvrant que Flett’s Spring n’est guère plus qu’un bureau de poste, un magasin et une mission religieuse isolés au milieu d’un immense territoire. Les fermes sont éloignées les unes des autres et les espaces paraissent sans limite. (musee.histoiresk.ca)
L’arrivée dans « la Plaine »

Image générée par IA: Le 21 mai 1904, après plusieurs jours de voyage, le groupe atteint enfin l’endroit choisi pour l’établissement de la future colonie.
Les pionniers surnomment simplement cet endroit « la Plaine ».
Autour d’eux s’étendent les prairies et les boisés du lac Lenore. Il n’y a aucune route, aucune maison, aucune infrastructure. Tout reste à construire.
Une grande tente commune est rapidement dressée afin d’abriter les nouveaux arrivants. Le lendemain, une première messe est célébrée. Le 23 mai, une croix est plantée dans le sol pour marquer symboliquement la prise de possession du site. Ce lieu deviendra bientôt Saint-Brieux. (musee.histoiresk.ca)

Image générée par IA: première messe à Saint-Brieux devant les pionniers Bretons
Les premiers travaux
Les débuts sont extrêmement difficiles.
La plupart des Bretons ne sont pas agriculteurs. Certains étaient commerçants, artisans, gendarmes ou ouvriers avant leur départ. Ils doivent pourtant apprendre rapidement à devenir cultivateurs. (Webtk12)
Les premiers mois sont consacrés à :
- construire des abris ;
- défricher les terrains ;
- couper le bois ;
- creuser des puits ;
- préparer les premières cultures.
La hache devient l’outil indispensable du pionnier. Chaque arbre abattu représente un pas supplémentaire vers la création d’une ferme viable. (Érudit)



La naissance de Saint-Brieux
Peu à peu, les terres se transforment.
Les tentes cèdent la place aux maisons de bois. Une chapelle est construite près du lac. D’autres familles rejoignent les premiers colons.

Grâce à leur persévérance, les pionniers bretons réussissent à créer une véritable communauté francophone au cœur des Prairies canadiennes. Le village reçoit le nom de Saint-Brieux, une adaptation du nom de Saint-Brieuc, en Bretagne. (Wikipédia)
Vingt-cinq ans plus tard, lorsque Denys Bergot rédige ses souvenirs, la colonie compte déjà de nombreuses fermes prospères et plus d’une centaine de familles d’origine bretonne vivent autour du lac Lenore. (Wikipédia)

Cérémonie de commémoration à St. Brieux, au Canada, vers la fin des années 1940. | COLLECTION PARTICULIÈRE
Un témoignage exceptionnel

À travers Réminiscences d’un pionnier, Denys Bergot nous laisse le récit vivant d’une aventure humaine extraordinaire. Son témoignage permet de comprendre le courage de ces Bretons qui ont quitté leur pays pour bâtir une nouvelle vie dans l’Ouest canadien.
Lorsqu’ils arrivent dans la prairie en mai 1904, il n’existe pratiquement rien. Quelques décennies plus tard, grâce à leur travail et à leur détermination, Saint-Brieux est devenu l’une des communautés francophones les plus dynamiques de la Saskatchewan. (musee.histoiresk.ca)
Parmi ces colons : Pierre Rocher, Denys Bergot, Joseph Briand, Jean-Marie Gallais, Mathias Buzit, Jean Lucas, Yves Olivier, Jacques Larmet, Marie Creurer, Joseph Creurer, Jules Daubenfeld, François et Michel Fagnou, Joseph Le Jan, Jean Leray, Augustin Male, Yves Mazévet, François Rouault, Alexis Albert, Pierre Froc, Pierre et Alain Mao, Yves Rallon, Victor Quiniou, Théophile Rudulier Jean-Pierre Thébaud, François Tinevez et Yves Le Floc’h.


Vidéo de Claude Bourgault du Saint-Brieux d’aujourd’hui.
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