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La traversée et la vie à bord

L’aventure des Bretons vers l’Amérique

L’exposition de Bretagne Transamerica ouvre le 4 juillet 2026. Le public pourra visiter cette exposition durant deux mois au château de Tronjoly à Gourin.

Cette année, nous fêtons le 250e anniversaire de l’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique avec une exposition spéciale réalisée par 4 étudiantes de l’Institut Franco-Américain de Rennes sous la direction du Consulat du Grand Ouest. Exposition visible à partir du 18 août jusqu’au 6 septembre (championnat des sonneurs).

Dans cette exposition « Ces Bretons d’Amérique », il y a un panneau qui retient l’attention des visiteurs: La traversée et et la vie à bord »

 Traversée et la vie à bord de l'exposition Bretagne Transamerica

Pendant des siècles, quitter la Bretagne pour l’Amérique ne signifiait pas seulement changer de continent. C’était aussi affronter l’océan Atlantique pendant plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Entre larmes, espoirs et découvertes, la traversée constituait une étape essentielle de l’aventure migratoire.

Pour des milliers de Bretons partis tenter leur chance au Canada ou aux États-Unis, le voyage en mer représentait souvent la première grande rupture avec leur vie d’origine. Une fois le quai quitté, il n’y avait plus de retour possible. L’horizon devenait alors le seul compagnon de route.

Photo: Histoire de l’émigration des Bretons en Amérique de Bretagne Transamerica au Château de Tronjoly à Gourin (56)

Panneau réalisé par les membres de l’association Bretagne Transamerica Château de Tronjoly à Gourin (juillet-août). Sources: Josette Jouas.

Le départ vers un nouveau monde

Au XIXe siècle, les grands ports français voient embarquer des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Beaucoup viennent des campagnes bretonnes. Certains quittent le Morbihan, d’autres le Finistère, les Côtes-du-Nord ou l’Ille-et-Vilaine.

Les familles se rassemblent sur les quais. Les adieux sont souvent douloureux. À cette époque, partir pour l’Amérique signifie parfois ne jamais revoir ses proches.

Le navire emporte avec lui des valises modestes, quelques souvenirs et surtout de nombreux espoirs. Les voyageurs rêvent d’une vie meilleure, d’un travail mieux rémunéré ou d’un avenir plus prometteur pour leurs enfants.

gare de Gourin colorée

Les débuts des grandes lignes transatlantiques

La révolution industrielle transforme progressivement les traversées.

Peu avant sa mort, Louis XVI reconnaît déjà la nécessité d’établir une liaison régulière entre la France et New York. Mais il faut attendre le 23 avril 1864 pour assister au départ de l’Impératrice Eugénie, premier grand paquebot transatlantique construit à Saint-Nazaire pour assurer cette ligne.

Cette innovation réduit considérablement les délais de voyage et renforce les échanges entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Au fil des décennies, les navires deviennent plus rapides, plus sûrs et plus confortables. Les compagnies maritimes développent alors un véritable réseau transatlantique reliant les grands ports européens aux villes américaines.

Une ville flottante sur l’Atlantique

Les paquebots impressionnent par leurs dimensions.

À bord, tout est organisé pour accueillir plusieurs centaines, parfois plusieurs milliers de passagers. Les navires possèdent leurs propres cuisines, leurs salles à manger, leurs salons, leurs cabines et même leurs services médicaux.

Les voyageurs découvrent un monde entièrement nouveau.

Pendant plusieurs jours, le paquebot devient leur maison.

Les journées s’écoulent au rythme des repas, des promenades sur le pont et des conversations avec les autres passagers. Beaucoup profitent également de ce temps pour écrire à leurs proches grâce aux cartes postales et aux lettres préparées durant le voyage.

cartes postales

Les différentes classes de voyage

La vie à bord dépend fortement de la catégorie du billet acheté.

Les voyageurs les plus fortunés occupent les cabines de première classe. Ils bénéficient de salons luxueux, de repas raffinés et de nombreux services.

Les passagers de seconde classe profitent d’un confort plus simple mais disposent malgré tout d’espaces agréables.

La majorité des émigrants bretons voyage cependant en troisième classe. Les cabines y sont plus modestes et les espaces communs plus restreints.

Malgré ces différences, tous partagent la même attente : apercevoir enfin les côtes américaines.

Une traversée parfois difficile

L’océan Atlantique n’est pas toujours clément.

Les tempêtes peuvent secouer violemment le navire. Le mal de mer affecte de nombreux passagers, notamment durant les premiers jours.

L’espace réduit, la promiscuité et l’éloignement de la famille rendent parfois le voyage éprouvant.

Pour les enfants, l’expérience prend souvent un caractère plus aventureux. Ils découvrent la mer à perte de vue et s’émerveillent devant les dimensions du navire.

Les adultes, eux, alternent entre excitation et inquiétude.

Le travail invisible des équipages

la vie à bord des paquebots

Si les passagers occupent le devant de la scène, la traversée repose surtout sur le travail de centaines de marins.

Dans les premiers grands paquebots à vapeur, les chauffeurs alimentent sans relâche les chaudières en charbon. La chaleur est étouffante. Les journées sont longues et éprouvantes.

Les soutiers travaillent dans des conditions particulièrement difficiles. Certains navires consomment plus de 200 tonnes de charbon par jour.

Les mécaniciens surveillent les machines tandis que les officiers assurent la navigation.

D’autres membres d’équipage s’occupent des cuisines, des salles à manger, des cabines ou encore des soins médicaux.

Sans eux, aucune traversée ne serait possible.

Les distractions en mer

Au début, les traversées offrent peu de distractions.

Avec le temps, les compagnies maritimes cherchent à rendre le voyage plus agréable. Les grands paquebots proposent alors des concerts, des spectacles, des bibliothèques et même des projections cinématographiques.

Des journaux de bord sont imprimés quotidiennement. Ils présentent les nouvelles reçues par radio, le programme de la journée et les activités prévues.

Les menus deviennent également de véritables objets de collection.

Pour les passagers, ces animations permettent d’oublier momentanément la longueur du voyage.

L’arrivée du Normandie

Normandie

Paquebot Normandie: maquette de la CCI de Lorient (56)

Dans les années 1930, les paquebots atteignent leur âge d’or.

Le Normandie symbolise cette évolution spectaculaire.

Lancé en 1935, il incarne le prestige français sur l’Atlantique. Avec ses dimensions impressionnantes, ses salons somptueux, ses restaurants élégants et ses équipements modernes, il marque une nouvelle étape dans l’histoire maritime.

Le transport d’émigrants cède progressivement la place aux voyages de luxe.

Le paquebot devient une destination autant qu’un moyen de transport.

Le premier regard sur l’Amérique

vue de la statue de la Liberté expo Ces Bretons d'Amérique

Après plusieurs jours en mer, un moment reste gravé dans la mémoire des voyageurs.

L’apparition des côtes américaines.

Pour les Bretons qui arrivent à New York, la silhouette de la Statue de la Liberté constitue souvent le premier symbole du Nouveau Monde.

L’émotion est immense.

Derrière eux se trouve désormais l’Europe. Devant eux commence une nouvelle existence.

Certains rejoignent de la famille déjà installée. D’autres partent vers les usines de la Nouvelle-Angleterre, les fermes canadiennes ou les grandes villes industrielles.

Tous emportent avec eux un morceau de Bretagne.

Une étape fondamentale de l’histoire bretonne

émigration expo Ces Bretons d'Amérique au château de Tronjoly à Gourin (56)

La traversée transatlantique ne représente pas seulement un déplacement géographique.

Elle constitue un passage entre deux vies.

Des milliers de Bretons ont connu cette expérience. Ils ont quitté leurs villages, traversé l’océan et participé à la construction des communautés francophones d’Amérique du Nord.

Aujourd’hui encore, les photographies, les cartes postales, les billets de passage et les lettres conservés par les familles témoignent de cette aventure humaine exceptionnelle.

À travers ces documents, nous pouvons revivre l’émotion de ces hommes et de ces femmes qui ont osé franchir l’Atlantique pour bâtir un avenir meilleur.

Leur histoire demeure au cœur de la mémoire que Bretagne Transamerica s’attache à préserver et à transmettre aux générations futures.

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1 commentaire pour “La traversée et la vie à bord”

  1. Retour de ping : 11 septembre 2011 à Gourin... - Bretagne TransamericA

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