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Joseph-Pierre de Bonnécamps, le savant breton qui cartographia la Nouvelle-France

Mathématicien, hydrographe, explorateur de la vallée de l’Ohio et dernier professeur d’hydrographie du Collège des Jésuites de Québec.

Cet article est paru en 2025 sous la forme d’un long article scientifique (plus de 20 pages), il s’agit actuellement de l’étude la plus complète sur Bonnécamps. Elle retrace sa vie, ses travaux scientifiques, son rôle dans l’expédition de Céloron et ses dernières années au château de Tronjoly, à Gourin. Bretagne Transamerica vous offre la traduction en français.

Par John D. Cunningham, S.J.
Université Loyola de La Nouvelle-Orléans, La Nouvelle-Orléans (Louisiane, États-Unis)

Joseph-Pierre de Bonnécamps: A Jesuit Scientist Living in Turbulent Times (Joseph-Pierre de Bonnécamps : un scientifique jésuite dans une époque tourmentée)

Résumé

joseph bonnecamps

Joseph-Pierre de Bonnécamps, S.J. (1707-1790), fut un scientifique, enseignant et hydrographe jésuite dont la carrière croisa plusieurs événements majeurs de l’histoire coloniale française du XVIIIᵉ siècle. Formé aux mathématiques et à l’hydrographie, il enseigna au Collège des Jésuites de Québec de 1744 à 1759 et participa à l’expédition de Céloron en 1749, au cours de laquelle il consigna dans son journal de nombreuses observations géographiques, botaniques et culturelles.

Grâce à la précision de ses mesures et à la qualité de ses cartes, il contribua de manière significative aux objectifs stratégiques de la France en Amérique du Nord. Après la chute de Québec en 1759 et la suppression de la Compagnie de Jésus en France, Bonnécamps reprit un ministère pastoral, notamment lors d’une affectation controversée à Saint-Pierre. Il termina finalement sa vie en Bretagne, où il exerça comme précepteur et poursuivit ses observations scientifiques.

Son parcours illustre le rôle essentiel joué par les Jésuites comme éducateurs, scientifiques et intermédiaires entre les autorités militaires, les responsables politiques et les peuples autochtones. Cette étude réévalue les contributions de Bonnécamps en les replaçant dans le contexte plus large des transformations scientifiques et géopolitiques du XVIIIᵉ siècle.


Préface

Le 28 mai 1790, Joseph-Pierre de Bonnécamps s’éteignit au château de Tronjoly. Son acte de décès indique :

« Le 29 mai 1790 fut inhumé dans l’église Notre-Dame (de Gourin) le vénérable Monsieur Joseph-Pierre de Bonnécamps, prêtre, ancien membre de la Compagnie de Jésus, originaire de Vannes, décédé au château de Tronjoly à l’âge de quatre-vingt-quatre ans [sic]. »

registre civil mairie de Gourin

Simple et sobre, cette mention ne reflète en rien la richesse du parcours de ce prêtre jésuite et scientifique qui vécut au cœur des bouleversements du XVIIIᵉ siècle.

Joseph-Pierre de Bonnécamps naquit en 1707 à Vannes et mourut en 1790 à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Jésuite durant soixante-deux années, il a laissé comme principal héritage le journal qu’il tint lors de son voyage de plus de cinq mois autour des Grands Lacs orientaux en Amérique du Nord, durant l’été et l’automne 1749. Remis le 17 octobre 1750 au gouverneur de Québec, Roland-Michel Barrin de La Galissonière, ce document, largement accessible en anglais, a fait l’objet de nombreuses études.

Outre ce journal, quatre autres lettres de Bonnécamps, beaucoup moins connues, furent publiées à la fin du XIXᵉ siècle par l’historien canadien Auguste Gosselin. Diverses correspondances et documents du XVIIIᵉ siècle permettent également de mieux comprendre sa vie.

Bonnécamps traversa trois grands événements historiques qui marquèrent profondément son existence :

  • la colonisation française de la Nouvelle-France ;
  • la guerre de Sept Ans (appelée en Amérique « French and Indian War ») entre la France et l’Angleterre ;
  • la suppression de la Compagnie de Jésus.

Ces trois événements façonnèrent profondément sa carrière et son destin.


L’influence des Jésuites dans la colonisation de la Nouvelle-France

L’un des événements majeurs ayant marqué la vie de Bonnécamps fut la colonisation française de l’Amérique du Nord. Bien qu’elle ait commencé près d’un siècle avant sa naissance, elle allait constituer le cadre principal de toute son existence.

Les premiers Jésuites arrivèrent en Acadie en 1611 afin d’y fonder une mission. Cette première tentative échoua à la suite d’attaques anglaises. En 1625, ils s’établirent sur les rives du Saint-Laurent, mais furent de nouveau contraints de quitter les lieux quelques années plus tard. Après la reprise de Québec par les Français en 1632, ils revinrent définitivement, et le Collège des Jésuites de Québec fut fondé en 1635.

Père Bonnecamp peinture de Robert Griffing

Tous les Jésuites envoyés en Nouvelle-France n’étaient pas destinés à l’évangélisation des peuples autochtones. Beaucoup demeuraient dans les villes françaises, notamment à Québec, où ils enseignaient ou exerçaient leur ministère auprès des colons. C’est dans ce contexte que Joseph-Pierre de Bonnécamps fut envoyé en 1744 comme professeur d’hydrographie au Collège des Jésuites de Québec.

L’enseignement de l’hydrographie, instauré à Québec dès 1651 avec le soutien du gouvernement français, était essentiel à la formation des navigateurs et des cartographes. Parmi les anciens élèves figurait Louis Jolliet, célèbre explorateur du Mississippi avec le père Jacques Marquette. Bonnécamps allait devenir l’un des derniers grands représentants de cette tradition scientifique avant la conquête britannique de 1759.

À Québec, il enseigna principalement quatre disciplines intimement liées : les mathématiques, l’astronomie, la météorologie et l’hydrographie. Ces sciences étaient indispensables pour déterminer avec précision la latitude, la longitude et dresser des cartes fiables du continent nord-américain.

La vie de Bonnécamps à Québec

La mission jésuite en Nouvelle-France comprenait plusieurs résidences et missions. Deux résidences principales étaient établies à Québec et à Montréal afin d’assurer le ministère auprès des colons français. Les missions destinées aux peuples autochtones comprenaient notamment la mission huronne de Détroit et la mission iroquoise de Sault-Saint-Louis. Dans toute la région des Grands Lacs, les Jésuites œuvraient également auprès des Abénaquis, des Montagnais et des Outaouais. Plus au sud, la mission de La Nouvelle-Orléans desservait principalement les habitants français.

Lorsque Joseph-Pierre de Bonnécamps arriva au Collège des Jésuites de Québec en 1744, il rejoignit une communauté d’une vingtaine de religieux, un effectif comparable à celui recensé dans le catalogue jésuite de 1749, année de sa célèbre expédition hydrographique.

Le témoignage le plus précieux sur la vie quotidienne de cette communauté provient du naturaliste suédois Peter Kalm, qui visita le collège le 10 août 1749. Bonnécamps était alors en pleine expédition sur la rivière Scioto, dans l’actuel État de l’Ohio. Kalm écrit :

« Les Jésuites sont généralement très instruits et passionnés d’études. Ils sont également d’une compagnie agréable et courtoise. Toute leur attitude inspire la sympathie, et il n’est pas étonnant qu’ils gagnent l’estime de ceux qui les côtoient. Ils parlent rarement de questions religieuses et, lorsqu’ils le font, ils prennent grand soin d’éviter toute controverse. »

Après avoir fait l’éloge de leurs qualités intellectuelles et humaines, Kalm formule toutefois une remarque révélatrice :

« Ils sont considérés comme des hommes d’une valeur exceptionnelle, remarquables par leur intelligence et leurs talents. Pourtant, je remarque qu’ils ont des ennemis au Canada. »

Cette observation annonce déjà les tensions qui conduiront quelques années plus tard à la suppression de la Compagnie de Jésus en France.


Les recherches scientifiques de Bonnécamps

L’un des traits les plus marquants de Bonnécamps est son obsession pour la précision scientifique. Dans ses lettres comme dans son journal de 1749, il se plaint régulièrement du manque d’instruments adaptés à ses observations.

Dès son arrivée à Québec, il écrit à l’intendant Gilles Hocquart pour demander plusieurs instruments indispensables :

  • un pendule astronomique ;
  • un aimant de qualité ;
  • une lunette astronomique destinée à être installée sur le toit du collège afin d’y aménager un observatoire.

Hocquart estime le coût de cet équipement entre 1 000 et 1 200 livres et soutient pleinement la demande de Bonnécamps. Dans sa lettre du 29 octobre 1744, il souligne que le nouveau professeur a déjà considérablement élevé le niveau des études mathématiques à Québec et qu’il contribuera au développement des sciences supérieures.

Bonnecamps précepteur des enfants du baron de Tronjoly

N’ayant toujours rien reçu plusieurs années plus tard, Bonnécamps renouvelle sa demande auprès du nouvel intendant François Bigot. Dans une lettre adressée au ministère de la Marine le 9 octobre 1748, celui-ci réclame notamment :

  • un pendule astronomique ;
  • une lunette ;
  • un quart de cercle de trois pieds équipé d’une lunette ;
  • une pierre d’aimant plus puissante.

Ironie du sort, Bonnécamps ne recevra toujours pas ces instruments avant son départ pour la célèbre expédition de Céloron.


Ses premières publications scientifiques

La première publication connue de Bonnécamps paraît en 1747 dans les Mémoires de Trévoux, revue scientifique publiée par les Jésuites de France.

Il y décrit un phénomène lumineux observé à Québec le 12 juin 1746 : un immense arc lumineux traversant le ciel. Bonnécamps précise qu’il ne s’agissait pas d’une aurore boréale classique, car on n’y observait ni colonnes de feu ni gerbes lumineuses. Le phénomène dura près d’une heure avant de disparaître complètement. L’auteur de l’article suppose aujourd’hui qu’il pouvait s’agir d’un météore ou d’une comète se désintégrant dans l’atmosphère.


Le journal de l’expédition Céloron (1749)

En 1750, Bonnécamps remet au gouverneur général de la Nouvelle-France, Roland-Michel Barrin de La Galissonière, son œuvre la plus célèbre :

« Relation du voyage de la Belle-Rivière effectué en 1749 sous la direction de Monsieur de Céloron. »

L’objectif officiel de cette expédition est de réaffirmer la souveraineté française sur la vallée de l’Ohio, où les Britanniques commencent à s’implanter.

Photo: Jamestown dans le comté de Chautauqua, New York. Expédition Celoron. En 1749, le capitaine Pierre Joseph Celoron de Blainville, accompagné d’une force de 213 soldats et Indiens, descendit le lac Chautauqua et la rivière Chadakoin jusqu’aux rivières Allegheny et Ohio, renouvelant ainsi la revendication française sur le bassin versant. sources: https://www.hmdb.org/

Pour matérialiser cette prise de possession, six plaques de plomb sont enterrées tout au long du parcours. La première est déposée le 29 juillet 1749 près de l’actuelle ville de Warren (Pennsylvanie). Chaque cérémonie est solennelle : les armes du roi sont fixées à un arbre voisin et un procès-verbal est signé par tous les officiers.

La dernière plaque est enterrée le 31 août 1749 près de l’actuelle ville de Cincinnati, dans l’Ohio.

Le 15 juin 1749, l’expédition quitte Lachine, près de Montréal. Placée sous le commandement de Pierre-Joseph Céloron de Blainville et de son second Pierre-Claude de Contrecœur, elle rassemble près de 250 hommes : huit officiers, six cadets, 180 Canadiens et une trentaine d’alliés autochtones.

Si la mission est avant tout politique, Bonnécamps profite du voyage pour réaliser un immense travail scientifique. Il consigne des observations sur les plantes, les animaux, les rivières et les paysages, tout en effectuant des relevés astronomiques destinés à améliorer la cartographie de la vallée de l’Ohio.

L’une des surprises du journal est l’absence presque totale de considérations religieuses. Bien qu’il soit prêtre, Bonnécamps ne mentionne pratiquement aucune célébration liturgique, laissant penser que ce journal avait une vocation exclusivement scientifique et administrative.

La guerre de Sept Ans

De nombreux ouvrages ont été consacrés à la guerre de Sept Ans, que certains historiens considèrent comme la première véritable « guerre mondiale ». De 1754 à 1763, la France et l’Angleterre s’affrontèrent sur plusieurs continents pour le contrôle de leurs possessions coloniales. En Amérique du Nord, l’objectif britannique était d’évincer définitivement la France des territoires correspondant aujourd’hui au Canada et aux États-Unis.

carte amérique lors de la guerre de sept ans

En réalité, la paix n’avait jamais été véritablement établie le long des frontières disputées entre les deux puissances. L’arrivée croissante de colons anglais dans ces régions accentua les tensions, tant avec les peuples autochtones qu’avec les Français installés parmi eux.

La conquête de Québec, où vivait Bonnécamps, fut particulièrement destructrice. Le 26 juin 1759, les troupes britanniques ouvrirent le siège de la ville, qui capitula officiellement quelques mois plus tard. Plus de cinq cents bâtiments furent détruits et un nombre encore plus important gravement endommagé.

On ignore si Bonnécamps assista personnellement à la destruction de Québec ou s’il se trouvait déjà en France. Son nom ne figure plus dans le catalogue des Jésuites de Québec de 1759, mais cette absence ne prouve pas nécessairement qu’il avait quitté la colonie. Si, au printemps 1759, il enseignait encore au collège, celui-ci dut fermer dès le début du siège et les étudiants furent mobilisés pour participer à la défense de la ville. Dans ces conditions, il lui aurait été impossible de rentrer en France durant cet été de guerre.

Le destin immédiat des Jésuites demeurés au Canada après la conquête reste mal connu. Un journal anglais daté du 13 novembre 1759 indique que les Jésuites reçurent l’ordre de quitter Québec dès que possible. Pourtant, certains restèrent, comme le père Pierre-René Floquet, ancien remplaçant de Bonnécamps à la chaire d’hydrographie, qui mourut à Québec en 1782.

collège des Jésuites de Québec

Très endommagé, le Collège des Jésuites servit ensuite de casernement aux troupes anglaises. L’église attenante, où Bonnécamps avait prononcé ses derniers vœux en 1746, fut elle aussi gravement touchée avant d’être finalement démolie en 1807.

Aucun document connu ne précise où se trouvait Bonnécamps pendant le siège de Québec. Il est cependant certain qu’il était revenu en France à l’automne 1759. En 1761, on le retrouve à Caen, où il enseigne de nouveau les mathématiques au collège jésuite. C’est probablement là qu’il apprend, en 1762, la suppression de la Compagnie de Jésus en France.


La suppression de la Compagnie de Jésus en France

Comme la guerre de Sept Ans, la suppression de la Compagnie de Jésus a fait l’objet d’une abondante littérature historique. Pour Bonnécamps, cet événement marque un tournant décisif : il perd non seulement son appartenance officielle à l’ordre auquel il a consacré sa vie, mais également le droit d’enseigner, mettant brutalement un terme à sa carrière de professeur.

Les années 1762 à 1765 restent mal connues. Pourtant, on retrouve Bonnécamps vers 1765 de nouveau en Amérique du Nord, sur les îles françaises de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large de Terre-Neuve. Il y exerce un ministère sacerdotal avec un autre ancien jésuite, François-Paul Ardilliers.

Nous savons qu’il s’y trouve grâce à une lettre adressée à l’abbé Pierre de La Rue (dit de L’Isle-Dieu), dans laquelle Bonnécamps défend la légitimité de sa mission et de ses pouvoirs ecclésiastiques.

Cette situation trouve son origine dans le traité de Paris du 10 février 1763, qui met fin à la guerre de Sept Ans. La France cède alors le Canada et la Louisiane, mais conserve les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon. Officiellement, elles servent de base à la pêche à la morue ; en réalité, elles conservent également une importance stratégique, les pêcheurs pouvant rapidement être mobilisés comme marins pour la marine royale.

Un conflit de juridiction s’installe cependant. L’abbé de La Rue estime que ces îles ne relèvent plus du diocèse de Québec, désormais sous domination britannique, et souhaite les placer directement sous l’autorité du Saint-Siège.

Dans une longue lettre datée du 15 juin 1766, Bonnécamps répond avec vigueur. Son style tranche avec celui de ses écrits scientifiques : il ne parle plus d’astronomie ou de cartographie, mais défend avec énergie la légitimité de son ministère à Saint-Pierre. Il reproche même à son correspondant d’avoir été mal informé sur la situation religieuse de l’archipel.

L’abbé de La Rue réplique le 21 juillet 1766 dans une lettre adressée au cardinal préfet de la Propaganda Fide. Il réfute méthodiquement tous les arguments de Bonnécamps et qualifie la situation d’« abus ». Quelques années plus tard, Bonnécamps est rappelé en France.

Il quitte vraisemblablement définitivement l’Amérique du Nord en 1768. En 1770, il devient aumônier du bagne de Brest, fonction qui lui est probablement confiée par l’évêque de Vannes, conformément aux dispositions prises après la suppression des Jésuites.

Plusieurs indices laissent penser que son affectation à Saint-Pierre-et-Miquelon fut facilitée par son ami l’amiral François-Jean-Baptiste L’Ollivier de Tronjoly, lui aussi originaire de Vannes et chargé de protéger les pêcheries françaises de l’Atlantique Nord.

chateau de Tronjoly à Gourin

Après son retour définitif en Bretagne, Bonnécamps s’installe au château de Tronjoly, où il devient le précepteur des enfants de l’amiral. Il retrouve ainsi le métier d’enseignant qu’il affectionnait tant. Il reprend également ses recherches scientifiques, notamment des observations météorologiques réalisées depuis la tour du château. Dans les dernières années de sa vie, il aime contempler pendant des heures les bois, les étangs et les paysages paisibles qui entourent Tronjoly.

Joseph-Pierre de Bonnécamps s’éteint au château de Tronjoly le 28 mai 1790.

expo ces bretons d'amerique
vernissage de l'exposition "Le Grand Ouest et les Etats-Unis d'Aérique"

Regards Croisés, 250 Ans d’Histoire(s) et d’Amitié.

250 ans alliance

Du 18 août au 6 septembre 2026 au château de Tronjoly à Gourin(56)

À travers des panneaux illustrés, des documents historiques et des récits de parcours individuels, les visiteurs découvrent les multiples facettes de cette amitié franco-américaine. L’exposition évoque notamment l’aide apportée par la France pendant la guerre d’Indépendance américaine, les échanges économiques développés au fil des décennies, ainsi que les nombreux liens culturels et universitaires qui continuent aujourd’hui de rapprocher les deux rives de l’Atlantique.