Danielle Délie, 47 ans et 2.750 autres victimes des attentats du 11 septembre…
Le 11 septembre, elle se trouvait au 1 World Trade Center, dans les bureaux de sa société, la compagnie d’assurances Marsh et Mc Lennan.
De longue date, elle habitait aux États-Unis mais, pour ses amis, elle conservait des goûts typiquement français: Danielle aimait le bon vin et la mode.
Ses parents, Marcel et Aimée, sont originaires de Gourin…
Le 11 septembre 2001, les attentats contre le World Trade Center frappèrent le monde entier. À Gourin, l’émotion prit une dimension particulièrement personnelle lorsqu’on apprit que Danielle Anne Délie, fille d’émigrés gourinois, se trouvait dans la tour Nord au moment de l’attaque.
Une famille profondément attachée à Gourin
Danielle Délie était la fille de Marcel Délie et d’Aimée Lohéac, originaires de Gourin et établis aux États-Unis. Comme de nombreuses familles du Centre-Bretagne, les Délie avaient conservé des liens étroits avec leur terre d’origine et revenaient régulièrement séjourner au pays.
Danielle avait grandi aux États-Unis et vivait à Manhattan. Elle parlait couramment français et restait très attachée à la France, où elle aimait retrouver sa famille et ses amis. À Gourin, elle était considérée comme l’une des représentantes de cette communauté franco-américaine née des importantes vagues d’émigration bretonne vers les États-Unis.
Une brillante carrière à New York
Après avoir fréquenté la Dominican Academy de New York, dont elle sortit diplômée en 1972, Danielle poursuivit ses études au Boston College. Elle mena ensuite une brillante carrière dans le conseil financier et les assurances.
Elle fut notamment associée du cabinet RGL Gallagher, pour lequel elle participa à la création du bureau de New York. En 2001, elle travaillait comme consultante principale chez Marsh & McLennan, l’une des plus importantes sociétés mondiales de courtage et de conseil en assurances.
Ses bureaux se trouvaient dans la tour Nord du World Trade Center, également appelée One World Trade Center.
Le matin du 11 septembre 2001
Le mardi 11 septembre 2001, à 8 h 46, le vol American Airlines 11 percuta la tour Nord entre les 93ᵉ et 99ᵉ étages. Les bureaux de Marsh & McLennan étaient situés dans la zone directement touchée par l’avion.
Les premiers articles publiés en Bretagne indiquèrent que Danielle Délie se trouvait dans son bureau au 92ᵉ étage. D’autres témoignages et publications américaines la situent dans les étages occupés par Marsh. En raison de la violence de l’impact, les personnes présentes au-dessus de la zone frappée ne purent emprunter les escaliers pour évacuer la tour.
Danielle Délie avait 47 ans. Elle faisait partie des 358 collaborateurs et consultants de Marsh & McLennan qui perdirent la vie ce matin-là.
Gourin frappée en plein cœur
Durant les heures qui suivirent les attentats, de nombreuses familles de Gourin cherchèrent fébrilement à joindre leurs parents et leurs amis installés à New York. La commune entretient en effet une relation exceptionnelle avec les États-Unis : depuis la fin du XIXᵉ siècle, plusieurs milliers d’habitants de Gourin et des communes voisines ont traversé l’Atlantique pour y construire une nouvelle vie.
Le 14 septembre 2001, la population gourinoise se rassembla devant la réplique de la Statue de la Liberté, au centre de la ville. C’est dans ce lieu hautement symbolique que fut officiellement annoncée la disparition de Danielle Délie.
Les drapeaux français et américain furent mis en berne. Après les paroles prononcées par le maire David Le Solliec, trois minutes de silence furent observées. Une gerbe fut ensuite déposée au pied de la statue par la municipalité et Bretagne TransAmerica.
Quelques jours plus tard, une messe fut célébrée en l’église de Gourin à la mémoire de Danielle et de l’ensemble des victimes.
Une femme généreuse, brillante et passionnée
Les hommages publiés par sa famille, ses amis et ses anciens collègues permettent de découvrir la femme qui se trouvait derrière le nom inscrit sur le mémorial.
Danielle, surnommée affectueusement « Danni », est décrite comme une femme généreuse, compatissante, intelligente et pleine d’humour. Elle aimait la bonne cuisine, les vins, la mode française et les voyages. Elle était également réputée pour son goût des mots et sa capacité à terminer rapidement les mots croisés du New York Times, qu’elle remplissait directement à l’encre.
Ses anciens camarades se souvenaient de son sourire, de sa vivacité d’esprit et de sa parfaite maîtrise du français. La Dominican Academy a notamment créé une bourse portant son nom afin de perpétuer sa mémoire.
Son nom gravé à New York
Le nom complet de Danielle Anne Délie est aujourd’hui gravé dans le bronze du mémorial du 11-Septembre, construit à l’emplacement des anciennes tours jumelles. Il figure sur le panneau N-1 du bassin Nord, parmi les victimes qui se trouvaient dans la tour Nord.
En 2013, une délégation de Bretagne TransAmerica se rendit à Ground Zero. La découverte de son nom sur le mémorial constitua un moment particulièrement émouvant. Par sa position alphabétique, Danielle Anne Délie est l’un des premiers noms de victimes civiles que l’on découvre après ceux des pompiers new-yorkais morts lors des opérations de secours.
Elle est également honorée au mémorial de Marsh & McLennan ainsi qu’au Labyrinth Memorial du Boston College, consacré aux vingt-deux anciens étudiants de l’établissement disparus le 11 septembre 2001.
Gourin n’oublie pas
Au fil des années, Gourin et Bretagne TransAmerica ont continué d’entretenir le souvenir de Danielle Délie. Des cérémonies furent notamment organisées en 2002, pour le premier anniversaire des attentats, puis en 2011, lorsque près de 300 personnes se rassemblèrent au pied de la Statue de la Liberté pour commémorer le dixième anniversaire.
À travers Danielle, c’est toute l’histoire de l’émigration gourinoise qui fut brutalement rattrapée par la tragédie. Les attentats ne frappèrent pas seulement une métropole située à plusieurs milliers de kilomètres : ils touchèrent directement une famille et une communauté unies depuis plusieurs générations aux États-Unis.
Vingt-cinq ans après les attentats, le souvenir de Danielle Anne Délie demeure vivant des deux côtés de l’Atlantique. Son nom relie désormais Gourin et New York dans une même mémoire, faite de douleur, d’amitié franco-américaine et de fidélité aux disparus.
Danielle Anne Délie — 1954-2001. Gourin et New York se souviennent.





