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Jean-Baptiste Guillevin : le Breton parti bâtir un empire au Canada

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Un immigré breton qui a commencé à vendre des fils électriques et des lampes à incandescence

jean-baptiste guillevin

Jean-Baptiste Guillevin en 1906: photo suggérée par l’IA.

L’histoire de la famille Guillevin illustre parfaitement le destin extraordinaire de certains Bretons partis tenter leur chance en Amérique du Nord.
Parti du Morbihan avec peu de moyens, Jean-Baptiste Guillevin allait bâtir au Canada une entreprise devenue l’un des plus grands groupes de distribution électrique du pays. Plusieurs décennies plus tard, Jeannine Guillevin Wood poursuivra cette aventure familiale et deviendra une figure majeure du monde économique québécois.

Montréal Place Jacques-Cartier

Jean-Baptiste Guillevin était un entrepreneur canadien d’origine bretonne. Il est né le 1er janvier 1877 à Plouhinec (56), en Bretagne et a émigré au Canada en 1901.

Tout d’abord, en 1895, à l’âge de 18 ans, Jean-Baptiste Guillevin a décidé de quitter la Bretagne pour chercher une meilleure vie ailleurs. Il est parti pour Paris, où il a travaillé dans une usine de fabrication de tissus.

En 1900, Guillevin a décidé d’émigrer au Canada, attiré par les opportunités offertes par ce pays en pleine expansion économique.

Pluvigner en Bretagne

Les débuts modestes d’un futur empire

ampoules électriques

Il est arrivé à Hull, au Québec, en 1901, où il a commencé à travailler comme représentant de commerce pour une entreprise de fils électriques. En 1906, Guillevin a décidé de créer sa propre entreprise de distribution de matériel électrique, en se concentrant sur les fils électriques et les lampes à incandescence.

Au début, Guillevin vendait ses produits directement aux clients, en utilisant une voiture à chevaux pour se déplacer dans la ville de Hull et d’Ottawa. Cependant, il a rapidement étendu son entreprise, en ouvrant de nouveaux magasins à travers le Québec et l’Ontario.


Jean-Baptiste livre lui-même ses produits avec une voiture à cheval dans les rues de Hull. Mais son sérieux et sa vision du marché lui permettent de grandir rapidement. Photo suggérée par l’IA.

Au fil des années, l’entreprise de Guillevin a connu un grand succès, devenant l’un des plus importants distributeurs de matériel électrique au Canada. Guillevin a continué à diriger l’entreprise jusqu’à sa mort en 1947, à l’âge de 70 ans. Après sa mort, l’entreprise a été reprise par ses fils, qui ont continué à développer l’entreprise et à la faire croître.

Cette vidéo est en anglais (vous pouvez paramétrer pour la sous-titrer en français). Don gracieux de Mme Jeannine Guillevin Wood à Bretagne Transamerica.

L’histoire de Jean-Baptiste Guillevin représente parfaitement le parcours de nombreux Bretons partis en Amérique du Nord entre la fin du XIXe siècle et les années 1930.

Ces hommes et ces femmes quittaient souvent des campagnes pauvres avec peu d’argent, mais beaucoup de courage.
Certains devinrent ouvriers, commerçants ou agriculteurs. D’autres réussirent à bâtir de véritables entreprises familiales.

Dans le cas des Guillevin, cette réussite prendra une dimension exceptionnelle.
L’entreprise survivra aux crises économiques, aux guerres mondiales et à la modernisation du Canada industriel.

Jean-Baptiste Guillevin décède en 1947. Mais son héritage ne fait alors que commencer.

Jeannine Guillevin Wood : une femme pionnière dans le monde des affaires

Plusieurs décennies après la fondation de l’entreprise, une autre personnalité marquera profondément l’histoire familiale : Jeannine Guillevin Wood. Photo de l’Ordre national du Québec

Née à Montréal en 1929, elle épouse François Guillevin, membre de la famille fondatrice.
À l’époque, peu de femmes occupent des postes importants dans les grandes entreprises nord-américaines.

En 1965, son mari décède brutalement dans un accident.
Beaucoup pensent alors que l’entreprise familiale ne survivra pas. Pourtant, Jeannine Guillevin Wood décide de prendre la direction du groupe.

Son arrivée à la tête de l’entreprise constitue un événement majeur dans le Canada économique des années 1960.
Une femme dirigeant un grand groupe industriel reste alors extrêmement rare.

La transformation de Guillevin International

Sous la direction de Jeannine Guillevin Wood, l’entreprise connaît une croissance spectaculaire.

Elle modernise les méthodes de gestion, développe le réseau national et multiplie les acquisitions stratégiques.
Le groupe s’impose progressivement dans plusieurs secteurs :

  • matériel électrique,
  • automatisation industrielle,
  • éclairage,
  • télécommunications,
  • solutions énergétiques.

Une femme qui marque le monde industriel

Mais Jeannine Guillevin Wood ne marque pas seulement le monde industriel.
Elle devient également une figure importante du Québec économique et politique.

Elle sera notamment :

  • première femme présidente du Conseil du patronat du Québec,
  • première femme présidente du conseil d’administration d’une grande banque canadienne,
  • décorée de l’Ordre du Canada,
  • décorée de l’Ordre national du Québec.

Son parcours ouvre la voie à toute une génération de femmes entrepreneures canadiennes.

Aujourd’hui, « Guillevin International » est l’un des plus grands distributeurs de matériel électrique, de communication et de sécurité au Canada. L’entreprise compte plus de 140 succursales à travers le pays et emploie des milliers de personnes.

Jeannine Guillevin Wood décède le 9 décembre 2009 à l’âge de 80 ans.

Une mémoire bretonne toujours vivante

L’histoire des Guillevin rappelle l’importance de l’émigration bretonne vers l’Amérique du Nord.
Des milliers de Bretons ont quitté leurs villages pour chercher une nouvelle vie aux États-Unis ou au Canada.

À Gourin et dans le Centre-Bretagne, cette mémoire reste particulièrement forte.
Des associations comme Bretagne TransAmerica travaillent aujourd’hui à préserver cette histoire et à transmettre le souvenir de ces familles parties de l’autre côté de l’Atlantique.

Le parcours de Jean-Baptiste Guillevin et de Jeannine Guillevin Wood symbolise ainsi bien plus qu’une réussite économique.
Il raconte le courage de l’exil, la capacité d’adaptation des Bretons et la force des liens entre la Bretagne et l’Amérique du Nord.

expo ces bretons d'amerique

Cet article fut diffusée la première fois le 21 février 2023.

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