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Le Château de Tronjoly à Gourin : un joyau breton au cœur de l’histoire des Bretons d’Amérique

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Par Clovil membre de Bretagne Transamerica

Au cœur de la Bretagne, la ville de Gourin se distingue par son histoire unique, profondément liée à l’émigration bretonne vers l’Amérique. Ici, au château de Tronjoly, se dresse un lieu chargé de mémoire qui raconte les rêves, les espoirs et les sacrifices de milliers de Bretons partis tenter leur chance de l’autre côté de l’Atlantique.

Aujourd’hui, ce château emblématique abrite une exposition permanente dédiée à l’histoire des Bretons d’Amérique. En visitant le château de Tronjoly, on ne découvre pas seulement un joyau du patrimoine breton, mais on plonge également dans une aventure humaine et collective, faite d’exil, de courage et d’attachement à la terre natale.

Cet article vous emmène à la découverte de ce lieu exceptionnel, entre passé prestigieux et mémoire vivante, véritable point de rencontre entre la Bretagne et l’Amérique.


Gourin, berceau de l’émigration bretonne

Située dans le département du Morbihan, Gourin occupe une place à part dans le cœur des Bretons. Perchée au sommet du département, au point culminant de Beg Min Guernanic (303 mètres), la ville est entourée de petits cours d’eau et offre des paysages magnifiques. Mais au-delà de ses atouts naturels, Gourin est surtout connue pour son rôle central dans l’histoire de l’émigration bretonne.

Dès le XIXᵉ siècle, de nombreux habitants de Gourin et de ses environs, confrontés à la pauvreté et au manque d’opportunités, ont pris la décision déchirante de quitter la Bretagne pour tenter leur chance aux États-Unis et au Canada. Ces émigrants étaient souvent de jeunes hommes, mais aussi des familles entières, qui embarquaient pour New York, Boston, Montréal ou Québec. Gourin est ainsi devenue, au fil des décennies, le principal foyer d’émigration de Bretagne vers l’Amérique.

Aujourd’hui encore, on ressent à Gourin l’empreinte de ce passé migratoire. Les drapeaux bretons flottent aux côtés des drapeaux américains sur les places publiques, et de nombreuses familles entretiennent des liens étroits avec leurs cousins outre-Atlantique. Chaque année, des événements comme la fête des émigrés célèbrent cette mémoire, faisant de Gourin une véritable capitale symbolique des Bretons d’Amérique.


Le château de Tronjoly est propriété de la ville de Gourin

blason de Gourin

Le château de Tronjoly est le témoin silencieux de plusieurs siècles d’histoire bretonne. Son nom, « Traon Joliff », signifie en breton « belle vallée » ou « joli vallon ». Ce nom poétique correspond parfaitement à son environnement verdoyant.

Le château actuel a été construit en 1768, à l’emplacement d’un ancien manoir qui appartenait à la famille Kergoët, installée à Gourin depuis le XVe siècle. Le manoir initial a laissé place à une demeure plus imposante, à l’image de l’ascension sociale et de la richesse de ses propriétaires.

Au XIXᵉ siècle, le château connaît plusieurs transformations : l’aile Est est ajoutée, les toitures sont rehaussées de lucarnes à fronton, et la façade Nord est remaniée. Avec ses murs en granite, ses moellons de schiste et ses toits en ardoises à pans brisés, le château de Tronjoly incarne parfaitement l’architecture traditionnelle bretonne, alliant solidité et élégance.

Au fil des siècles, le château passe entre les mains de plusieurs grandes familles bretonnes :

  • Kergoët (1426–1669),
  • L’Ollivier de Tronjoly (vers 1690–post 1779),
  • Rouxel de Lescoat (après 1779–1910),
  • de Salvaing de Boissieu (1910–1984).

Fait remarquable, ces transmissions se sont souvent faites par les filles, preuve de la place importante des femmes dans l’histoire de ce lieu.

En 1984, le château est vendu à la Ville de Gourin, qui décide d’en faire un espace culturel et patrimonial ouvert à tous. Depuis, il est devenu un lieu incontournable pour découvrir l’histoire de Gourin et des Bretons.

Visite de l'exposition de BTA au premier étage du château de Tronjoly à Gourin (56) par Monsieur Rivkin, ambassadeur des Etats-Unis en France. De gauche à droite, Monsieur Le Solliec, mMonsieur Rivkin, ambassadeur des USA et Madame Jouas, vice-présidente de BTA.
Visite de l’exposition de BTA au premier étage du château de Tronjoly à Gourin (56) par Monsieur Rivkin, ambassadeur des Etats-Unis en France. De gauche à droite, Monsieur Le Solliec, maire de Gourin, Monsieur Rivkin, ambassadeur des USA et Madame Jouas, vice-présidente de BTA.

Histoire des diverses successions

Le château de Tronjoly a appartenu successivement, en remontant le temps, à plusieurs grandes familles, principalement par transmission féminine, jusqu’à sa vente en 1984 à la Ville de Gourin. Voici la chronologie des propriétaires :

  • Famille de Salvaing de Boissieu (1910–1984)
    La dernière propriétaire, Madeleine Marie Josèphe de Salvaing de Boissieu, née le 26 novembre 1901, est décédée à Gourin le 2 octobre 1981. Célibataire, elle était la deuxième fille de Michel Joseph Édouard Guy de Salvaing de Boissieu, décédé à Paris le 25 mai 1954, qui lui avait légué le domaine. Ses trois sœurs et son frère se sont installés dans d’autres régions après leur mariage (voir la fratrie ci-dessous). Lors du recensement de 1906, le comte Joseph Rouxel de Lescoat, mort le 12 mars 1910 à Gourin, était encore déclaré propriétaire. Guy de Boissieu, son gendre, avait épousé Hermine Rouxel de Lescoat à Orléans le 5 février 1900, où naquit leur première fille, Isabelle, l’aînée de Madeleine.
  • Famille Rouxel de Lescoat (après 1779–1910)
    Quatre générations avant Hermine Marguerite Marie Rouxel de Lescoat, épouse de Guy de Salvaing de Boissieu, remontent au mariage de Jean Baptiste Marie Rouxel de Lescoat et Anne Jacquette L’Ollivier de Tronjoly, célébré le 17 octobre 1779 à Gourin.
  • Famille L’Ollivier de Tronjoly (vers 1690–après 1779)
    Sébastien Anastase L’Ollivier de Tronjoly (1669–1693) épousa, le 2 février 1690 à Gourin, Marie Anne de Kergus, fille de Jacques de Kergus (décédé le 20 février 1704 au manoir de Kerstang à Gourin) et d’Hilaine (ou Hélène) Thérèse de Kergoët.
  • Famille de Kergoët (avant 1690)
    Les informations manquent sur la période précise, mais il est probable qu’une branche de la famille Kergoët se soit installée à Gourin dès le début du XVe siècle. On trouve mention de la famille dès 1256 dans le Finistère, notamment au manoir de Tronjoly à Cléder (29), construit à partir de 1534 par Christophe de Kergoët. Un autre membre notable, Hervé de Kergoët, chevalier de Saint-Hernin, fut tué à la bataille d’Auray le 29 septembre 1364, au cours d’un épisode majeur de la guerre de Cent Ans opposant Jean III de Montfort aux partisans de Charles de Blois.

Fratrie de Marie-Madeleine de Boissieu

  • Isabelle Marie Marthe Augustine
    Née le 2 décembre 1900 à Orléans (45), décédée le 10 juillet 1992 à Peyrilhac (87), château du Breuil. Mariée le 8 juillet 1924 à Gourin à Marie Armand Hubert de Bruchard (12 juillet 1899, Baccon – 9 juin 1968, Peyrilhac).
  • Hervé Albert
    Né le 2 juin 1903 à Gourin (56), décédé le 24 février 1967 à Beire-le-Châtel (21). Marié le 5 avril 1932 à Dijon (21) à Elizabeth Richard de Vesvrotte (20 novembre 1908, Le Meix – 21 février 1999, Fontaine-lès-Dijon).
  • Henriette Marie Marthe
    Née le 23 février 1906 à Gourin (56), décédée le 8 août 1987 à Compiègne (60). Mariée le 17 septembre 1932 à Gourin à Charles Harle d’Ophove (27 juillet 1906, Chevrières – décédé en 1963/1964, acte non retrouvé).
  • Monique Marie Julienne
    Née le 7 juin 1911 à Gourin (56), décédée le 4 octobre 1984 à Paris (16ᵉ). Mariée le 1er octobre 1936 à Gourin à Charles Pradier d’Agrain (15 avril 1908, Paris – 25 septembre 1938, Marseille).

Le château, gardien de l’histoire des Bretons d’Amérique

Le château de Tronjoly n’est pas seulement un monument architectural. Il est aussi un lieu de mémoire vivant, qui abrite aujourd’hui une exposition permanente consacrée à l’histoire des Bretons d’Amérique.

En entrant dans le château, le visiteur est plongé dans le grand récit de l’émigration bretonne. On y découvre des photographies anciennes, des lettres émouvantes, des objets personnels, des billets de bateau, des passeports, mais aussi des coupures de journaux et des documents administratifs. Ces archives racontent l’histoire de ces hommes et femmes qui ont quitté Gourin pour s’installer à New York, à San Francisco, à Montréal ou à Québec.

Bonnecamps précepteur des enfants du baron de Tronjoly

L’exposition met en lumière les raisons du départ : la pauvreté, la recherche d’un avenir meilleur, l’envie de découvrir le monde. Elle évoque aussi les difficultés rencontrées par ces migrants : la barrière de la langue, le déracinement, les conditions de travail souvent rudes. Mais au milieu des épreuves, on trouve aussi des récits de réussite, de succès, de fierté d’avoir porté haut les couleurs de la Bretagne.

Le château de Tronjoly joue ainsi un rôle essentiel pour transmettre cette mémoire. Il permet aux nouvelles générations de mieux comprendre l’histoire de leurs aïeux, et aux visiteurs de passage de découvrir une page méconnue mais fascinante de l’histoire bretonne.

Photo: Joseph de Bonnécamps (1707-1790), précepteur des enfants du baron François-Jean-Baptiste L’Ollivier de Tronjoly.


Une visite au cœur de la Bretagne et de son histoire

Visiter le château de Tronjoly, c’est partir à la rencontre de l’âme bretonne. Le lieu accueille régulièrement des expositions temporaires, des conférences, des spectacles, mais aussi des visites guidées qui permettent de découvrir l’architecture du château et son environnement.

Les visiteurs peuvent déambuler dans les différentes salles, admirer les détails architecturaux, se promener dans le parc et, bien sûr, explorer l’exposition dédiée aux Bretons d’Amérique. Des panneaux explicatifs, des vidéos et des témoignages audio enrichissent l’expérience et rendent la visite accessible à tous, petits et grands.

Pour préparer sa visite, il est conseillé de consulter le site de la mairie ou celui des associations locales afin de connaître les horaires et les périodes d’ouverture, qui peuvent varier selon les saisons. Gourin est facilement accessible en voiture, et de nombreux hébergements se trouvent à proximité, permettant aux visiteurs de prolonger leur découverte de la région.


Le château de Tronjoly à Gourin est bien plus qu’un simple monument. C’est un lieu chargé d’histoire, un témoin du passé, mais aussi un acteur du présent. Grâce à l’exposition permanente sur l’émigration bretonne, il fait revivre la mémoire de celles et ceux qui ont quitté la Bretagne pour l’Amérique, et il permet à chacun de mieux comprendre les racines de la diaspora bretonne.

Pour tous les passionnés d’histoire, les curieux, les familles ou les descendants des Bretons d’Amérique, une visite au château de Tronjoly est une expérience incontournable. Vous y découvrirez non seulement un chef-d’œuvre du patrimoine breton, mais aussi une aventure humaine qui continue de résonner aujourd’hui.

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