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Rencontre à bord du USCGC Calhoun entre traditions maritimes et amitiés transatlantiques

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Un moment d’exception à Brest : rencontre à bord du USCGC Calhoun entre traditions maritimes et amitiés transatlantiques

Ce lundi 31 mars restera à jamais gravé dans la mémoire de l’association Bretagne Transamerica. En tant que président, j’ai eu l’immense honneur et le véritable privilège d’être invité par l’Ambassade des États-Unis à une réception exceptionnelle organisée à bord du USCGC Calhoun, mouillé dans le port militaire de Brest. Ce fut bien plus qu’une simple cérémonie protocolaire : une rencontre forte en symboles, en échanges et en émotions, entre l’Amérique et la Bretagne, entre mémoire historique et coopération navale contemporaine.


Une réception chargée d’histoire et d’amitié

Dès notre arrivée sur le port militaire, l’imposante silhouette du USCGC Calhoun (WMSL 759), cutter de sécurité nationale de la Garde côtière américaine, imposait le respect. Flambant neuf, moderne, puissant, ce navire incarne le meilleur des capacités navales des États-Unis. Il est aussi le symbole vivant d’une coopération transatlantique continue, où Brest, port stratégique, joue depuis toujours un rôle de pont entre les deux rives de l’Atlantique.

Lors de cette réception, j’ai eu le privilège de rencontrer deux figures marquantes : le capitaine Matthew Hammond, commandant du Calhoun, et le contre-amiral Yann Bied-Charreton, adjoint au commandement de la zone maritime Atlantique. Tous deux ont partagé avec une grande générosité leur vision des relations entre nos deux nations, marquées par l’histoire, la solidarité et la mer.


Le USCGC Calhoun : un géant au service de la sécurité mondiale

USCGC Calhoun

Le Calhoun fait partie des cutters de classe Legend, les plus grands et les plus avancés de la United States Coast Guard (USCG). Long de 127 mètres, ce navire peut atteindre une vitesse de 28 nœuds et parcourir plus de 12 000 milles nautiques sans escale. Il est conçu pour affronter les défis contemporains : trafics illicites, immigration illégale, lutte contre le terrorisme, catastrophes naturelles, protection de l’environnement marin, et bien sûr, sauvetage en mer.

Le capitaine Hammond, que j’ai pu écouter avec attention, a rappelé l’engagement de son équipage dans des missions humanitaires, sécuritaires et diplomatiques. Le cutter n’est pas qu’un navire militaire : c’est une plateforme mobile de coopération internationale.


Une Garde côtière aux multiples visages

Créée en 1790 par Alexander Hamilton, la Garde côtière américaine est l’une des plus anciennes forces armées des États-Unis. À l’origine destinée à percevoir les droits de douane, elle s’est rapidement dotée de missions variées : lutte contre la contrebande, sauvetage en mer, contrôle des pêches, surveillance des glaces, lutte contre l’esclavage, puis, au fil du temps, des responsabilités de plus en plus étendues dans la défense et la sécurité.

Aujourd’hui, la USCG est la seule force armée américaine à dépendre en temps de paix du Department of Homeland Security, tout en pouvant être rattachée à la US Navy en temps de guerre. Elle remplit 11 missions stratégiques majeures, avec une flotte de cutters, de brise-glaces, d’hélicoptères et d’avions de surveillance. Le Calhoun, récemment entré en service, incarne cette polyvalence et cette résilience.

écusson du USCGC Calhoun

La Bretagne et les États-Unis : des liens historiques profonds

Cette visite américaine dans le port de Brest n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans une longue tradition de coopération franco-américaine, où la Bretagne a toujours joué un rôle clef. Dès la fin du XVIIIe siècle, les ports bretons ont été les témoins du soutien décisif de la France à la guerre d’indépendance américaine. Brest, Lorient, Saint-Malo : ces villes ont vu partir des frégates pleines d’armes, de vivres et de volontaires.

Les Marquis de La Fayette et de Rochambeau sont passés par ces eaux. Des navires comme l’Hermione, réplique célèbre, rappellent ce pont entre nos continents. À cette époque, des Bretons ont rejoint les rangs de l’armée continentale américaine, dans un élan de liberté partagée. Leurs noms figurent dans l’exposition du Château de Tronjoly à Gourin. Parmi eux, le colonel Armand Tuffin de La Rouërie, héros oublié mais déterminant, qui s’illustra aux côtés de George Washington et contribua activement à la cause de l’indépendance.

Photo: Jean François Baudet remet au capitaine Matthew Hammond l’épinglette de Bretagne Transamerica (deux drapeaux: breton et américain).


L’émigration bretonne vers l’Amérique : une histoire que nous portons

Depuis le XIXe siècle, des milliers de Bretons ont traversé l’océan en quête d’un avenir meilleur. Certains ont embarqué depuis le port de Le Havre, d’autres ont quitté discrètement les côtes bretonnes. Ils ont rejoint la Nouvelle-Angleterre, le Canada francophone, le Middle West, et parfois jusqu’aux confins de l’Ouest américain.

Ce sont ces parcours de vie que notre association Bretagne Transamerica s’efforce de faire revivre, à travers des témoignages, des archives, des récits familiaux. Chaque nom, chaque départ, chaque lettre envoyée d’Amérique raconte une part de cette grande aventure humaine.

Et voir aujourd’hui un navire de la Garde côtière américaine jeter l’ancre dans notre région nous rappelle que cette histoire commune continue de s’écrire.

Photo: Capitaine Matthew Hammond et Madame Le Consul des Etats-Unis à Rennes, Emily Cintora, qui a pris ses fonctions en juillet 2024.


Un dialogue vivant entre générations et cultures

Lors de la réception à bord du Calhoun, les échanges entre militaires français, diplomates américains, responsables associatifs et personnalités locales ont permis de raviver ce lien fort. Le capitaine Hammond s’est montré particulièrement intéressé par l’histoire de l’émigration bretonne, posant des questions sur les liens familiaux, les zones de départ, les communautés établies aux États-Unis.

De son côté, le contre-amiral Bied-Charreton a souligné l’importance de la coopération transatlantique, y compris dans les domaines civils et culturels. L’armée, loin d’être une institution isolée, est aussi un acteur de diplomatie, de mémoire, de transmission.

Photo: Différentes personnalités universitaires ou administratives, mais également la présence du premier astronaute français Jean-Loup Chrétien.


Un symbole fort d’ouverture et de paix

La présence d’un bâtiment aussi prestigieux que le Calhoun à Brest n’est pas seulement un événement militaire. C’est un signal de paix, de solidarité internationale, et de confiance mutuelle. Dans un monde instable, les ports doivent redevenir des lieux de dialogue et non des frontières.

Pour nous, Bretons, c’est aussi l’occasion de rappeler que nos terres sont tournées vers le large, que notre passé migratoire est une richesse, et que notre avenir se construira, en partie, dans cette ouverture au monde.


Pour conclure : un honneur inoubliable

Participer à cette réception fut bien plus qu’un événement : ce fut une expérience marquante, un honneur personnel, et une grande fierté pour notre association. Marcher sur le pont du USCGC Calhoun, échanger avec ceux qui veillent chaque jour sur les mers, relier passé et présent à travers le prisme de notre histoire bretonne… tout cela donne un sens nouveau à notre engagement.

Merci à l’Ambassade des États-Unis pour cette invitation. Merci au capitaine Hammond pour sa disponibilité et sa curiosité sincère. Merci au contre-amiral Charreton pour son accueil sur ces terres bretonnes qu’il connaît si bien.

Et surtout : merci à la mer, ce trait d’union vivant entre la Bretagne et l’Amérique.

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